TOP 20 – Jazz / World / Instrumental et autres langues
On mélange aujourd’hui plusieurs catégories dans un Top 20 qui comprend différents styles musicaux, dont le jazz, le funk, l’instrumental et la musique du monde qu’on nomme dorénavant musique « globale ». De belles découvertes cette année, avec entre autres, Mdou Moctar, Kamasi Washington, Lhasa de Sela & Yves Desrosiers, Vijay Iyer, Linda May Han Oh & Tyshawn Sorey, Marcin, Ezra Collective, Julian Lage, Nubya Garcia, Tigran Hamasyan, Godspeed You! Black Emperor, Les Amazones d’Afrique, Manu Chao, Patricia Brennan, Mônica Freire, Jaubi, Hermanos Gutiérrez, Arooj Aftab et plus!
Des albums de qui ont tous proposé des œuvres remarquables qui impressionnent par leur qualité. Évidemment, beaucoup de diversité dans cette liste, mais c’est souvent ce que recherche l’auditeur qui apprécie ces courants musicaux.
Voici donc plus bas le TOP 20 – Jazz / World / Intrumental et autres langues…
#1 – Mdou Moctar – Funeral For Justice
Origine : Niger
Genre : Tishoumaren (blues touareg) / Blues Rock / Rock Psychedelique
Sortie : 3 mai

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On aime : La virtuosité de la guitare, les arrangements inventifs, les rythmes hypnotiques, les thématiques engagées et la façon dont il réussit à transcender les frontières musicales et culturelles, en offrant un mélange envoûtant de tradition touareg et d’expérimentation sonore audacieuse. Funeral for Justice, le dernier album de Mdou Moctar, est une œuvre magistrale qui fusionne le rock psychédélique, le blues touareg et des influences modernes, tout en conservant l’essence même de la musique du désert. Avec cet album, l’artiste nigérien ne se contente pas de revisiter des genres, il crée un univers sonore unique et puissant, où chaque note semble porter un message de résistance, de lutte et d’espoir. Le premier point fort de l’album est indéniablement la guitare de Mdou Moctar. Ce dernier, virtuose de l’instrument, y déploie tout son talent, allant de riffs hypnotiques et psychédéliques à des solos fulgurants qui dévalent les montagnes sonores avec une intensité rare. La guitare, omniprésente tout au long de l’album, n’est pas seulement un instrument, mais une véritable voix qui dialogue avec le reste de la musique. Ses improvisations sont d’une grande fluidité, où chaque note semble être guidée par une impulsion irrépressible, alliant virtuosité technique et émotion brute. Des morceaux comme Imouhar et Sousoume Tamacheq illustrent parfaitement cette maîtrise, où les sonorités de la guitare se mêlent à des motifs rythmiques complexes pour créer des paysages sonores à la fois oniriques et puissants. L’album se distingue également par sa production innovante. Funeral for Justice est un disque à la fois ancré dans des racines musicales profondes et ouvert à des expérimentations modernes. On y trouve des éléments de rock psychédélique, de blues et de sonorités plus contemporaines qui se superposent aux instruments traditionnels du désert, comme la guitare électrique et le bendir. L’album a une texture sonore dense, mais aussi un équilibre étonnant, où chaque élément sonore trouve sa place sans étouffer les autres. Un autre point fort de Funeral for Justice réside dans les thématiques abordées. Mdou Moctar, par son art, évoque la lutte contre l’injustice sociale et les réalités difficiles vécues par les peuples touaregs, mais aussi une quête de liberté et d’expression individuelle. . Il y a une forme de combat sonore qui se déploie tout au long de l’album, avec un mélange de mélancolie et de rébellion qui va bien au-delà de la simple protestation : il s’agit d’une véritable célébration de la résistance par la musique. L’autre aspect marquant de cet album est la rythmique, qui fait écho aux traditions musicales touareg tout en y insérant des influences plus globales. Les percussions sont à la fois complexes et hypnotiques, avec des beats qui semblent propulser l’album vers l’avant, en particulier dans des morceaux comme « Tchinta« . Le groove et la pulsation qui en découlent servent de toile de fond parfaite aux improvisations de guitare et aux chants puissants, créant un effet envoûtant qui capte l’attention de l’auditeur du début à la fin. Enfin, l’album se distingue par son atmosphère. Mdou Moctar parvient à créer un équilibre rare entre la dimension spirituelle de la musique touareg et l’ampleur presque cosmique de ses explorations sonores. Il réussit à capturer une énergie vibrante, un souffle de liberté et de transcendance, qui résonne profondément avec les thèmes de justice et d’espoir qu’il aborde. La musique de Funeral for Justice ne se contente pas de raconter une histoire : elle invite à une expérience émotionnelle et sensorielle, où l’auditeur se sent à la fois témoin et participant à cette quête de vérité. En somme, Funeral for Justice est un album audacieux, où Mdou Moctar déploie une palette sonore aussi riche que variée, tout en restant fidèle à ses racines touareg. C’est un disque de liberté, de résistance et de beauté, où chaque morceau nous plonge un peu plus dans cet univers sonore unique. Une œuvre essentielle de la musique contemporaine, à la fois profondément ancrée dans la tradition et résolument tournée vers l’avenir.
Top titres : Imouhar, Oh France, Sousoume Tamacheq, Funeral for Justice, Imajighen…
Recommandé si vous appréciez : Bombino, Bombino, Imarhan, Tamikrest…
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#2 – Kamasi Washington – Fearless Movement
Origine : États- Unis
Genre : Spiritual Jazz / Jazz Fusion
Sortie : 3 mai

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On aime : La diversité et l’ambiance généralement rafraîchissante des pièces, le savant mélange de jazz de funk et de hip-hop, le jeu de batterie soutenu, les lignes de basse profondes et parfois délirantes, les envolées de saxophone, les motifs d’accords de piano et de synthés qui amène une touche expérimentale, son audace sans limites et sa capacité à repousser les frontières du jazz tout en célébrant l’héritage de ce genre mythique. Fearless Movement, le dernier album de Kamasi Washington, est une œuvre monumentale, à la fois épique et intime, où le saxophoniste virtuose mélange les influences du jazz classique, du funk, de la soul et de la musique électronique pour créer une expérience sonore d’une profondeur rare. Ce disque, qui suit les pas de ses précédents travaux tels que The Epic Harmony of Difference et Heaven And Earth, témoigne de l’évolution artistique de Washington, mais aussi de son engagement à transformer et renouveler le jazz contemporain. Le premier point fort de cet album réside sans aucun doute dans la richesse des arrangements. Kamasi Washington a l’art de tordre et d’étirer les structures traditionnelles du jazz pour en faire des compositions monumentales et organiques. Fearless Movement regorge de couches sonores où les instruments à vent, les percussions, les cordes et les claviers se mélangent avec une fluidité et une inventivité incroyable. Chaque morceau est une exploration musicale, une aventure auditive qui n’hésite pas à s’étirer sur plusieurs minutes, permettant à la musique de se déployer librement. Les morceaux se transforment au fil de l’écoute, alternant entre moments de calme méditatif et passages plus explosifs, créant une dynamique où l’on se perd et se retrouve à chaque tournant. La deuxième force du disque réside dans la virtuosité de Kamasi Washington en tant que saxophoniste. Son jeu est magistral, plein de nuances et d’émotions. Sur Fearless Movement, sa maîtrise du saxophone est impressionnante, chaque note semble être pensée et ressentie avec une intensité vibrante. Sa capacité à se mouvoir entre la sensualité et la puissance est époustouflante, comme en témoigne la pièce « Dream State », où il impose sa présence sans jamais écraser l’équilibre de l’ensemble. Sa manière de dialoguer avec les autres musiciens est d’une rare fluidité, un jeu de complémentarité qui nourrit la richesse des compositions. L’équilibre entre les instruments à vent et la section rythmique donne une texture sonore riche et organique, où chaque élément semble avoir sa place, qu’il soit en avant ou en arrière-plan. Un autre point fort essentiel de Fearless Movement est l’interprétation de ses musiciens. Kamasi Washington s’entoure de musiciens exceptionnels, dont le talent est mis en lumière tout au long de l’album. Une flopée d’artistes le rejoingne sur l’album ; des noms comme Thundercat, Andre 3000, George Clinton, Patrice Quinn, DJ Battlecat, Brandon Coleman, Terrace Martin figurent parmi la liste d’invités étoilés, anciens et nouveaux collaborateurs, et même la jeune fille de Washington, l’une des influences notoires de l’album, est créditée d’une contribution à la mélodie d’Asha The First. Enfin, la production de l’album mérite une mention particulière. Fearless Movement bénéficie d’un travail sonore raffiné, où chaque instrument est mis en valeur avec une clarté cristalline tout en permettant à l’ensemble de garder une cohésion d’ensemble. La manière dont les sons se superposent et se mélangent témoigne d’une grande maîtrise technique, mais aussi d’un choix artistique audacieux. Les textures électroniques, ajoutées avec parcimonie, viennent sublimer les sections orchestrales et les moments de pur jazz acoustique, sans jamais nuire à la fluidité de la composition. En somme, Fearless Movement est un album qui incarne l’essence même du jazz contemporain, tout en se projetant résolument vers l’avenir. Kamasi Washington y déploie toute son expertise musicale et son sens de l’innovation, tout en restant profondément ancré dans la tradition. Ce disque est une invitation à l’exploration, à la liberté d’expression et à la quête de sens à travers la musique. Avec Fearless Movement, Kamasi Washington confirme son statut de pionnier du jazz moderne et offre à ses auditeurs une œuvre monumentale, aussi ambitieuse qu’intime, une expérience sonore dont l’impact résonne longtemps après l’écoute. Un autre chef-d’œuvre de ce musicien exceptionnel!
Top titres : Lesanu, Get Lit, Asha the First, Prologue, Computer Love, The Garden Path..
Recommandé si vous appréciez: Wayne Shorter, John Coltrane, Herbie Hancock, Robert Glasper, Nubya Garcia, BADBADNOTGOOD, Yussef Dayes, Ezra Collective…
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#3 – Lhasa de Sela & Yves Desrosiers – First Recordings
Origine : Canada / Mexique / États-Unis
Genre : Musique Mexicaine / Folk comptemporain
Sortie : 27 septembre

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On aime : La voix envoûtante de Lhasa, le jeu de guitare dépouillé du talentueux Yves Desrosiers, les arrangements minimalistes, sa pureté émotionnelle et sa simplicité touchante qui capturent l’essence même des premiers pas musicaux d’une artiste d’exception. First Recordings, une collaboration intime entre Lhasa de Sela et Yves Desrosiers, offre une plongée fascinante dans les racines musicales de l’une des voix les plus touchante de la scène québécoise. Ce disque, enregistré à un moment précoce de la carrière de Lhasa, avant qu’elle ne devienne la figure incontournable qu’elle a été, témoigne de sa vulnérabilité, de son authenticité et de son immense potentiel artistique. Le premier point fort de cet album réside dans la voix de Lhasa, qui, déjà à ce stade de sa carrière, dévoile toute sa profondeur et son pouvoir émotionnel. Sa voix, parfois douce et fragile, parfois pleine de feu, est capable de capturer une gamme d’émotions d’une rare intensité. Chaque chanson semble être un moment suspendu, où Lhasa nous invite dans son monde intérieur, nous confiant des fragments de son âme. Sur des morceaux comme Me Lleva el Diablo et Desdeñosa elle incarne avec une puissance vibrante la beauté et la douleur, sa voix s’élevant dans une sorte de catharsis, tout en étant d’une rare délicatesse. Le timbre chaleureux et plein de nuances de Lhasa confère à chaque morceau une dimension intime, qui parle directement au cœur de l’auditeur. Le deuxième point fort de First Recordings réside dans l’aspect minimaliste de la production. L’album est porté par des arrangements simples mais efficaces, où la guitare de Yves Desrosiers joue un rôle central. La simplicité de la mise en scène instrumentale permet à la voix de Lhasa de se déployer sans entrave, et à chaque chanson de respirer. La guitare crée un écrin musical parfait pour la voix de Lhasa. Cette simplicité n’empêche pas le disque d’avoir une grande richesse émotionnelle ; au contraire, elle permet à chaque chanson de se concentrer sur l’essence même de la musique : l’émotion brute. La complémentarité entre la voix de Lhasa et l’accompagnement de Desrosiers est une alchimie parfaite, où chaque geste musical semble être en harmonie avec l’autre. Le troisième point fort de l’album est l’authenticité des compositions. First Recordings propose un mélange de chansons originales et de morceaux traditionnels, principalement inspirés par les racines latines et mexicaines de Lhasa. Ces influences se marient magnifiquement avec son style unique, qui allie des éléments de folk, de chanson française et de musique du monde. La richesse des textes et la profondeur des thèmes abordés (l’amour, la perte, l’exil, la quête d’identité) confèrent à l’album une dimension intemporelle. Lhasa réussit à transmettre une émotion universelle, qui parle à tous ceux qui écoutent avec attention et sensibilité. L’autre atout majeur de First Recordings est la spontanéité qui émane de cette collaboration. Ce disque, bien que réalisé dans un cadre intimiste, offre une sensation de liberté et de créativité immédiate, presque organique. Les arrangements sont d’une grande simplicité, mais chaque morceau semble respirer, se développer de manière naturelle, comme si les artistes étaient à la recherche de l’instant parfait. Cette approche « raw » et spontanée offre à l’auditeur une vision plus intime de Lhasa et de ses premières explorations musicales, avant qu’elle n’acquière une notoriété mondiale. C’est un témoignage précieux de ses premiers émois artistiques, où la recherche de la vérité musicale prime sur la perfection technique. Enfin, First Recordings est une porte d’entrée vers l’univers fascinant de Lhasa de Sela. Il capture le début de sa carrière, tout en laissant entrevoir la richesse de son œuvre future. Ce disque est un témoignage de son talent brut et de sa capacité à connecter avec son public à travers des chansons simples, mais d’une force émotionnelle saisissante. La beauté de cet album réside dans sa simplicité et dans sa sincérité, des qualités qui caractériseront toute la carrière de Lhasa, et qui nous laissent un goût doux-amer d’un talent pur, avant qu’il ne devienne une légende. En somme, First Recordings est un disque précieux, qui nous plonge dans l’intimité de Lhasa de Sela à ses débuts. L’album n’a peut-être pas les niveaux de production des trois albums que Lhasa a publié de son vivant, mais il est important en raison de ce qu’il représente comme un document historique de l’une des grandes voix de notre époque. C’est un album qui touche l’âme, qui dévoile des trésors de sensibilité et qui, malgré sa simplicité apparente, est d’une richesse incomparable.
Top titres : El Cosechero, Me Lleva el Diablo, Desdeñosa, Se Me Hizo Fácil, Fever, Los Peces…
Recommandé si vous appréciez : Alela Diane, Cesária Évora, Mercedes Sosa, Souad Massi, Hindi Zahra…
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#4 – Vijay Iyer, Linda May Han Oh & Tyshawn Sorey – Compassion
Origine : États-Unis
Genre : Post-Bop / Spiritual Jazz
Sortie : 2 février

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On aime : Le calme qui se dégage de chaque pièces, les subtilités, la dextérité musicale du trio, les magnifiques et complexes envolées de piano, le jeu de batterie créatif, la qualité des compositions qui sont d’une musicalité exceptionnelle et son exploration audacieuse de la complexité émotionnelle et de la tension musicale, où l’improvisation se mêle à des structures rigoureuses pour créer une œuvre d’une rare profondeur. Compassion, le nouvel album du trio formé par le pianiste Vijay Iyer, la bassiste Linda May Han Oh et le batteur Tyshawn Sorey, est une fusion d’intellect, de sensibilité et de virtuosité, portée par une cohésion inédite entre ses trois membres. Ce disque est à la fois un défi pour l’auditeur et une célébration de la complicité musicale, un voyage sonore où chaque note semble être réfléchie, mais aussi vécue sur le moment avec une urgence poignante. Le premier point fort de Compassion réside dans la parfaite alchimie qui unit les trois musiciens. Iyer, Oh et Sorey partagent une compréhension musicale presque télépathique, une fluidité dans leurs interactions qui permet à chaque moment d’improvisation de se déployer de manière organique. Leur complicité permet de dépasser les frontières des genres : on oscille entre jazz contemporain, musique classique contemporaine, textures électroniques et expérimentations bruitistes. Chaque morceau est un terrain d’exploration où l’on perçoit une constante recherche d’équilibre entre structure et liberté. L’unité du trio, à la fois dans les moments les plus tendus et ceux les plus contemplatifs, est une des forces majeures de l’album. Le morceau « Arch« , par exemple, met en lumière la manière dont chaque musicien semble répondre à l’autre, créant une conversation fluide et ouverte tout au long du titre. Un autre point fort de l’album est l’écriture et l’arrangement de Vijay Iyer. Le pianiste, reconnu pour son approche innovante et sa virtuosité impressionnante, joue ici un rôle clé. Son jeu est à la fois rythmique et mélodique, d’une grande précision, mais aussi d’une expressivité qui ne craint pas les dissonances. Son utilisation des harmonies et des rythmes est subtile, souvent asymétrique, et il parvient à ouvrir l’espace pour que les deux autres musiciens s’expriment pleinement. Iyer crée une atmosphère dense, parfois abstraite, mais toujours captivante, où chaque motif musical semble se transformer, évoluer et se réinventer. Linda May Han Oh, quant à elle, fait preuve d’une inventivité et d’une présence remarquables à la basse. Sa ligne de basse est aussi fluide que percutante, souvent en interaction avec la batterie de Sorey pour ancrer chaque morceau dans un groove subtil. Oh réussit à être à la fois subtile et omniprésente, naviguant entre des lignes mélodiques douces et des interventions plus percussives qui enrichissent les compositions d’une texture supplémentaire. Son jeu sur Compassion est particulièrement marquant par sa capacité à compléter et à amplifier l’intensité des autres musiciens sans jamais voler la vedette. Tyshawn Sorey, le batteur, est un autre élément essentiel de cette dynamique. Son jeu est à la fois dynamique et subtil, constamment en train de redéfinir la notion de « rythme » à travers une approche percussive tout en nuances. Sorey est capable de jouer avec les textures, les silences et les frappes subtiles de manière à ce que la batterie devienne à la fois un instrument de propulsion et un instrument de dialogue. La manière dont il travaille avec la caisse claire et les cymbales pour créer des atmosphères presque atmosphériques dans des morceaux comme « Panegyric » ou « Where I Am » témoigne de sa maîtrise technique et de son sens de l’espace. Il sait alterner entre des passages de grande intensité et des moments plus suspendus, contribuant ainsi à la respiration du disque. Enfin, la production de l’album est d’une grande clarté, permettant à chaque instrument de briller sans jamais étouffer les autres. Le son est aéré, organique et cristallin, mais avec une profondeur qui permet à chaque nuance d’avoir son impact. Le mixage est particulièrement réussi, capturant la texture de chaque instrument tout en maintenant une cohésion d’ensemble. En somme, Compassion est un album de jazz contemporain exceptionnel, où la virtuosité des trois musiciens se mêle à une recherche profonde de sens et de dialogue. Vijay Iyer, Linda May Han Oh et Tyshawn Sorey réussissent à créer une œuvre d’une grande richesse, à la fois intellectuelle et émotionnelle, pleine de nuances et de surprises. C’est un disque qui, loin d’être simplement une démonstration de virtuosité technique, est une véritable réflexion sur l’art de jouer ensemble, d’évoluer ensemble et de se soutenir mutuellement dans une quête de beauté et de vérité. Un album à la fois exigeant et profondément émouvant, qui marque un sommet dans le jazz moderne.
Top titres : Maelstrom, Tempest, Arch, Where I Am, Compassion, Ghostrumental…
Recommandé si vous appréciez : Les artistes signées sur l’étiquette ECM, Keith Jarrett, Brad Mehldau, Ambrose Akinmusire, Fred Hersch…
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#5 – Marcin – Dragon in Harmony
Origine : Pologne
Genre : Guitare fingerstyle / Math rock / Classique / Flamenco
Sortie : 13 septembre

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On aime : Les prouesses techniques de Marcin, le son réverbéré et cristallin de sa guitare et sa capacité à fusionner des influences variées avec une virtuosité impressionnante et une sensibilité musicale rare. Dragon in Harmony, le nouvel album du guitariste polonais Marcin, est une œuvre qui navigue entre tradition et modernité, entre technique impeccable et émotion brute. Marcin, connu pour son style distinctif alliant guitare classique, jazz, flamenco et influences orientales, nous invite ici dans un voyage sonore où chaque morceau est une exploration des possibilités infinies de son instrument, tout en mettant l’accent sur une recherche de harmonie intérieure et de complexité émotionnelle. Le premier point fort de Dragon in Harmony réside dans la virtuosité et la maîtrise technique de Marcin. Dès les premières notes, il est évident que ce guitariste possède une aisance remarquable avec son instrument. La fluidité de ses arpèges, l’expressivité de ses phrasés et la précision de ses jeux de doigts captivent l’auditeur, qui se laisse emporter par la richesse de ses arrangements. La pièce « I Killed It » en est un parfait exemple : Marcin y déploie toute la palette de son jeu, alternant entre passages rapides et mélodies plus lentes et réfléchies, tout en maintenant une tension qui pousse l’auditeur à l’attention. Le jeu de Marcin n’est jamais gratuit ; chaque note semble avoir un but, chaque silence une signification. Le deuxième point fort de l’album est la capacité de Marcin à mélanger des influences diverses avec une fluidité naturelle. Sur Dragon in Harmony, la guitare classique et flamenco se rencontrent avec des éléments de musique jazz et des résonances orientales, créant un son hybride unique. Cette fusion des genres n’est pas un simple mélange de styles, mais plutôt une véritable alchimie qui transcende les frontières musicales. Le morceau « Bite Your Nails » illustre parfaitement cette approche, avec des accords flamenco, soutenus par des harmonies contemporaines qui empruntent autant au jazz que à la musique de film. Ce melting-pot stylistique donne à l’album une dimension internationale, tout en maintenant une fluidité musicale qui permet à chaque élément de se fondre harmonieusement dans l’ensemble. Un autre point fort de cet album est la dimension émotionnelle qui traverse chaque morceau. Marcin ne se contente pas d’impressionner par sa technique, il réussit également à instaurer une atmosphère et à raconter une histoire à travers sa guitare. L’album est riche en moments de grande intimité et de délicatesse, comme sur « Clair de lune« , où la guitare de Marcin se fait douce et mélancolique, en parfaite symbiose avec l’espace qu’il crée autour de lui. L’émotion qu’il parvient à véhiculer à travers les cordes de sa guitare montre que, pour lui, la technique n’est jamais un but en soi, mais un moyen d’atteindre une expression musicale plus profonde. L’album est traversé par une quête d’équilibre entre la rigueur de l’écriture et la spontanéité de l’émotion brute. Le jeu de Marcin avec les dynamiques est également un des points forts de Dragon in Harmony. Il parvient à alterner avec une grande finesse entre des moments de grande intensité et des passages plus calmes, plus introspectifs. Chaque changement de dynamique, que ce soit un passage brutal ou un moment de calme absolu, est soigneusement dosé, offrant à l’auditeur un parcours émotionnel aussi riche que surprenant. L’album se distingue également par la production soignée, qui permet à la guitare de Marcin de briller dans toute sa splendeur. L’enregistrement est d’une grande clarté, ce qui permet à chaque nuance de son jeu d’être perçue avec précision. Les textures acoustiques et les effets subtils sont utilisés avec discernement, afin de ne jamais nuire à l’intégrité de la guitare, mais plutôt d’accentuer l’émotion qui se dégage de chaque morceau. La manière dont la production met en valeur la sonorité naturelle de l’instrument, sans chercher à surcharger le son, est un choix artistique qui renforce la pureté de la musique. Enfin, Dragon in Harmony fait la démonstration d’une véritable recherche personnelle. Marcin, à travers cet album, nous invite dans son univers musical, où chaque morceau est une exploration intime de ses influences, de ses émotions et de sa créativité. En somme, Dragon in Harmony est un album qui allie parfaitement technique, émotion et exploration musicale. Marcin y déploie toute la richesse de son jeu de guitare et de sa créativité, en mêlant des influences multiples et en créant un univers sonore aussi complexe qu’harmonieux. C’est un disque qui demande une écoute attentive et récompense l’auditeur par une immersion dans un monde où chaque note, chaque silence, semble avoir sa place. Dragon in Harmony est une invitation à l’introspection, à la découverte et à l’émerveillement. Un album captivant, à la fois virtuosité et émotion pure.
Top titres : Bite Your Nails, Classical Dragon, I Killed It, Heart-Shaped Box, Guitar is Dead…
Recommandé si vous appréciez : Polyphia, Jesse Cook, Rodrigo y Gabriela, ichika Nito, Michel Cusson, Thundercat, Ratatat, Animals as Leaders, Periphery, Steve Vai, John Petrucci…
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Voici les positions 6 à 20 de notre palmarès des meilleurs albums de 2024 catégorie Jazz / World / Instrumental et autres langues :
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Autres mentions honorables:
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Karate Boogaloo – Hold Your Horses
Mary Halvorson – Cloudward
Joel Ross – Nublues
Jahari Massamba Unit – YHWH is LOVE
Amaro Freitas – Y’Y
Charles Lloyd – The Sky Will Still Be There Tomorrow
Shabaka – Perceive its Beauty, Acknowledge its Grace
Nubiyan Twist – Find Your Flame
Rich Ruth – Water Still Flows
Meshell Ndegeocello – No More Water: The Gospel Of James Baldwin
Flore Laurentienne – 8 tableaux
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