Rage Against The Machine, Alexisonfire, Vulgaires Machins et Death From Above 1979 au FEQ – Retour en images

 

Les attentes étaient élevées, très élevées. D’abord parce que ça faisait deux ans que ce concert avait été annoncé et qu’entre-temps, une pandémie mondiale a mis le monde sur pause. Mais aussi, et surtout, parce que le retour sur scène de Rage Against The Machine après une très longue absence était déjà quelque chose d’exceptionnel en soi. Québec et ses festivaliers d’été attendaient donc la prestation du groupe avec impatience. Et ce qu’on a vu sur les plaines ce samedi aura valu chaque mois/semaine/jour/heure/minute d’attente. Dans une enfilade de chansons qui n’a jamais fait redescendre l’énergie et l’intensité instaurées dès les premières notes jouées, la formation californienne a offert, selon nous, LE spectacle de cette 54e édition du Festival d’été. Et assurément un des meilleurs des dernières années!

La table était mise pour que cette soirée soit parfaite. Un samedi chaud et ensoleillé, une carte musicale consistante, une foule nombreuse et enthousiaste. Dès l’après-midi, on sentait en se promenant en ville que quelque chose de gros se préparait. Les fans ont d’ailleurs investi les alentours des plaines très tôt en journée et le site était déjà bien rempli pour la prestation solide de Vulgaires Machins. Le groupe mené par Guillaume Beauregard et Marie-Eve Roy se produisait à Québec pour la première fois en 10 ans et sa pertinence, sa justesse et son talent demeure toujours d’actualité. C’était leur seul et unique spectacle à l’horaire pour l’été, mais on les reverra dans la capitale en novembre, peu de temps après la sortie de leur prochain album prévu cet automne.

On a ensuite eu droit à une leçon de musique lourde dans les règles de l’art avec la formation canadienne Alexisonfire. Ceux qui avaient déjà soulevé la foule du FEQ en 2018 (en remplacement de Avenged Sevenfold) étaient de retour pour nous balancer leurs pièces hardcore avec une puissance sans compromis. On a vu dès leur entrée sur scène que le chanteur George Pettit était impressionné par l’ampleur de la marée humaine rassemblée sur les plaines. Selon ses dires, de réunir autant de monde pour un concert rock en sol canadien, ce n’est qu’à Québec que c’est possible. On va prendre le compliment! La dualité des voix et des énergies distinctives de Dallas Green et de Pettit apporte vraiment la touche signature à Alexisonfire et on l’apprécie encore plus en spectacle, lorsqu’on les voit performer côte à côte. Quelques titres de leur récent opus Otherness paru le mois dernier nous ont été offerts, en plus de plusieurs de leurs pièces phares. Un show brutalement efficace et réussi.

C’était ensuite le moment tant attendu : l’invasion des plaines par Rage Against The Machine. On avait eu peur il y a quelques jours que la tenue du concert soit compromise suite à la blessure à la jambe de Zack de la Rocha, mais finalement ils étaient bien là. Vu son état, le chanteur est demeuré assis tout au long du spectacle, mais la ferveur et l’intensité qu’il y a mis ont vite réussi à nous faire oublier ce détail. On pourrait dire beaucoup de choses de cette soirée mémorable, mais vous y étiez probablement vous aussi, comme des dizaines de milliers de fans. On dira donc ceci : on a vu beaucoup de spectacles au Festival d’été au cours des dernières années, de grands noms de la musique, des performances de haute qualité qui ont fait l’unanimité. Mais la décharge d’énergie créée par RATM sur les plaines hier et sa persistance du début à la toute fin de leur prestation, ça c’est du rarement vu!

Musicalement, il y a quelque chose qui donne foncièrement envie de bouger, de sauter et de se bousculer joyeusement dans le son de RATM et la basse percussive de Tim Commerford et son tone si distinctif n’y sont sûrement pas étrangers. Ajoutons à cela les prouesses et les expérimentations créatives de Tom Morello à la guitare et la rythmique appuyée et sans merci de Brad Wilk et on a là les ingrédients clés de la recette Rage (ou Audioslave!). Mais la touche finale, c’est définitivement de la Rocha qui l’apporte. La preuve en est que ce qu’on a vu et entendu ce samedi n’avait rien à voir avec le concert de Prophets of Rage au centre Vidéotron en 2016. Rage ne ragera jamais aussi fort que quand Zack de la Rocha est dans l’équation.

Dans une suite de hits qui ne nous a donné aucun répit et appuyés de projections et de vidéos percutants, les quatre musiciens ont conquis les plaines d’Abraham et nous ont laissé comblés, ébahis, presque déboussolés, un peu comme si on se demandait ce qui venait de se passer. Et qu’on savait trop bien que ça ne se reproduira probablement jamais. Il fallait y être pour le vivre. Mais voici quand même photos de cette soirée qu’on n’oubliera pas de si tôt.

Ah, et comme on n’était pas encore assez fatigués après tout ça (ça nous énergise, les bons spectacles!), on s’est rendus à l’Extra FEQ pour continuer de mettre nos oreilles à l’épreuve au son de Death From Above 1979. Une perfo robuste, bruyante et dansante qui fut la conclusion parfaite pour nous.

 

Voici nos images de la soirée :

 

 

 

Texte par Valérie Morin et photos par François Valenti