Muse, Mother Mother et Last Train au FEQ – Retour en images

 

Pour cette nouvelle soirée au Festival d’été de Québec, nous sommes retournés sur les plaines d’Abraham pour une affiche entièrement rock réunissant Last Train, Mother Mother et Muse sur la Scène Bell. Une soirée qui s’annonçait très courue, surtout avec le retour du trio britannique devant un public québécois qui lui est fidèle depuis plusieurs années.

Avant l’arrivée de Muse, la soirée aura aussi permis de revoir une formation française que nous avions déjà croisée à Québec il y a quelques années. Last Train, qui était passé par le Festival Envol et Macadam en 2019 après avoir remporté le volet français de Planetrox, revenait cette fois dans un tout autre contexte : celui des Plaines, devant une foule déjà bien nombreuse.

 

Last Train – Scène Bell

C’est donc Last Train qui a eu la tâche d’ouvrir cette soirée rock. Et si la dernière fois que nous les avions vus (au festival Envol et Macadam en 2019), le groupe montrait déjà de très belles promesses, cette prestation sur les Plaines a confirmé à quel point la formation a pris du galon depuis.

Le groupe français a livré l’un des très bons spectacles de cette édition du FEQ jusqu’à maintenant. Dès les premières chansons, on sentait une maîtrise beaucoup plus affirmée, autant dans l’intensité que dans les nuances. Last Train peut faire monter la pression avec beaucoup de puissance, mais sait aussi ralentir, étirer les tensions et laisser respirer les morceaux avant de repartir de plus belle.

La guitare servait souvent de fil conducteur dans cette prestation à la fois mélodique, abrasive et profondément habitée. Il y avait une intensité contagieuse sur scène, portée par un groupe visiblement heureux de se retrouver devant une foule de cette ampleur.

L’un des moments marquants est venu lorsque le chanteur s’est avancé dans le public avec sa guitare, jusqu’à se retrouver porté à bout de bras par les festivaliers. Un geste audacieux, spectaculaire, mais surtout révélateur de la confiance du groupe et du lien qui semblait rapidement se créer avec la foule.

On peut facilement imaginer que peu de gens connaissaient réellement Last Train avant leur arrivée sur scène. Mais après une prestation aussi solide, énergique et attachante, il serait étonnant que le groupe ne soit pas reparti avec quelques milliers de nouveaux adeptes. On en aurait volontiers pris encore un peu.

 

Mother Mother – Scène Bell

La suite appartenait à Mother Mother, formation de Vancouver qui arrivait avec une proposition rock alternatif beaucoup plus colorée et immédiate. Le groupe a livré un spectacle fidèle à son univers : rythmé, accrocheur, très bien ficelé et porté par ce jeu de voix féminines et masculines qui demeure l’une de ses grandes forces.

Dès Sticks, Verbatim et Make Believe, Mother Mother a rapidement trouvé son rythme. Les chansons s’enchaînaient avec fluidité, dans une formule efficace où les mélodies restent bien en tête et où chaque musicien semble savoir exactement quelle place occuper.

On retrouvait parfois quelques couleurs plus folk, rappelant certaines racines de l’Ouest canadien, mais Mother Mother demeure surtout fidèle à son identité rock alternatif, parfois punkish, souvent très rythmée et toujours très articulée autour des voix. Les harmonies donnaient une belle légèreté à des chansons pourtant construites sur une énergie assez nerveuse.

La foule a très bien répondu, particulièrement lors des pièces les plus connues comme Hayloft, Problems, Burning Pile, Oh Ana, Arms et Hayloft II. La prestation était dynamique, professionnelle et parfaitement placée pour préparer l’arrivée de Muse.

Sans nécessairement voler la soirée, Mother Mother a très bien rempli son rôle. Une performance solide, généreuse et rassembleuse, qui a mis la table de belle façon pour le grand déploiement qui allait suivre.

 

Muse – Scène Bell

Puis est arrivé Muse, clairement le groupe que plusieurs festivaliers attendaient avec impatience. Les Plaines étaient alors bien remplies, et on sentait cette fébrilité particulière qui précède l’entrée en scène d’un groupe capable de transformer un immense site extérieur en aréna géant.

Dès Hysteria et Cryogen, la machine était lancée. Le son était étonnamment bien calibré, puissant, précis, et c’est toujours fascinant de constater à quel point Matt Bellamy, Chris Wolstenholme et Dominic Howard peuvent remplir autant d’espace à seulement trois musiciens. Chaque instrument occupait une place énorme, sans que l’ensemble devienne brouillon.

Muse sait évidemment comment construire un spectacle de grande envergure. Lasers, confettis, guirlandes, jets de fumée, flammes et effets lumineux sont venus ponctuer une prestation menée avec une précision redoutable. Mais au-delà de la mécanique spectaculaire, ce sont surtout les chansons qui ont porté la soirée.

Le groupe a enchaîné plusieurs titres taillés sur mesure pour les grandes foules : Supermassive Black Hole, Resistance, Psycho, Madness, Plug In Baby, Time Is Running Out, Uprising, Knights of Cydonia, Starlight et Take a Bow. Chaque fois, le public répondait avec force, chantant à tue-tête des refrains que plusieurs semblaient connaître par cœur.

La base de fans de Muse à Québec est solide, et cela se sentait. Le trio britannique est venu souvent dans la vieille capitale au fil des années, et cette fidélité semble avoir créé une véritable histoire entre le groupe et son public. Vendredi soir, cette relation était palpable.

Il faut aussi souligner la performance vocale de Matt Bellamy, toujours capable de passer d’une ligne plus fragile à un registre beaucoup plus spectaculaire. Sa guitare, la basse massive de Chris Wolstenholme et la frappe de Dominic Howard formaient un bloc impressionnant. On avait parfois du mal à croire qu’un son aussi dense puisse provenir d’un trio.

Le spectacle n’avait peut-être pas la surprise de certains concerts plus imprévisibles, mais il offrait exactement ce que les fans venaient chercher : des hymnes, de la puissance, une mise en scène à grand déploiement et cette impression que Muse est encore l’un des groupes rock les plus efficaces lorsqu’il s’agit de remplir une scène de cette taille.

Au final, le groupe a livré une prestation solide, spectaculaire et parfaitement calibrée pour les Plaines. Québec aime le rock, Québec aime Muse, et la réponse du public l’a encore une fois démontré.

Comme nous n’étions malheureusement pas autorisés à prendre des photos de Muse pendant le spectacle, les images du groupe qui accompagnent cet article nous sont gracieusement fournies par notre collègue Sylvain Pereira. Le carrousel qui suit rassemble donc quelques photos de Muse, ainsi que plusieurs images du public captées tout au long de cette soirée très courue sur les Plaines d’Abraham.

 

 

Photos par François Valenti et Sylvain Pereira / Énergie