Lord Huron, Dope Lemon, Leif Vollebekk, Billianne et The Pairs au FEQ – Retour en images

 

Pour cette nouvelle soirée au Festival d’été de Québec, nous avons pris la direction de la place George-V pour une programmation qui s’annonçait douce, mélodique et atmosphérique. Au menu : les harmonies vocales de The Pairs, la folk-pop sensible de Billianne, la grande musicalité de Leif Vollebekk, les grooves psychédéliques de Dope Lemon et l’univers cinématographique de Lord Huron.

Sans être la soirée la plus spectaculaire de cette édition, ce mercredi nous a offert une succession de prestations fort agréables, portées par des artistes qui, chacun à leur manière, ont su installer une ambiance chaleureuse au cœur de la place George-V.

 

The Pairs – Scène Loto-Québec

La soirée a commencé tout en douceur avec The Pairs, un trio vocal qui manie avec beaucoup d’aisance l’art des harmonies. Dès les premières chansons, le groupe a installé une atmosphère simple, lumineuse et profondément attachante.

Avec des pièces comme Honey I, Feel This Bad, Out to Breakfast, Jimmy’s Got a Gun, Everything Ends et Little Light, les trois musiciennes ont misé sur la proximité, la délicatesse et une complicité évidente. Rien de trop appuyé ici : seulement des voix qui se répondent, des chansons bien construites et une présence scénique naturelle.

C’était une belle entrée en matière, parfaite pour amorcer la soirée sans précipitation. Une proposition douce, mais jamais fade, qui a permis au public présent de s’installer tranquillement dans l’ambiance.

 

Billianne – Scène SiriusXM

La suite s’est transportée du côté de la scène SiriusXM avec Billianne, qui était accompagnée de son groupe pour une prestation folk-pop elle aussi assez délicate. La chanteuse possède une voix solide, expressive, qui capte rapidement l’attention sans avoir besoin d’en faire trop.

Son spectacle s’inscrivait dans une continuité assez naturelle avec celui de The Pairs, mais avec une approche un peu plus ample grâce à la présence des musiciens. Des chansons comme No Wonder, Baby Blue, Crush, Otis, Enough et Save Me ont permis de découvrir une artiste en pleine possession de ses moyens, capable de défendre ses pièces avec assurance.

L’ensemble demeurait relativement doux, mais la prestation était convaincante. Le public semblait bien recevoir la proposition, attentif à cette voix qui prenait de plus en plus de place au fil du spectacle.

 

Leif Vollebekk – Scène Loto-Québec

Avec Leif Vollebekk, la musicalité de la soirée est montée d’un cran. L’auteur-compositeur-interprète, accompagné de son groupe, a livré une prestation beaucoup plus riche en nuances, portée par des arrangements soignés et une grande maîtrise.

Dès les premières pièces, on sentait que les chansons étaient habitées avec beaucoup de finesse. Leif Vollebekk était tout en voix, naviguant entre retenue et intensité, laissant souvent les arrangements respirer autour de lui. Des titres comme Rock and Roll, Southern Star, Moondog, Elijah Rose, Peace of Mind, Surfer et Elegy ont permis de traverser un univers folk élégant, introspectif et très bien ficelé.

C’était peut-être le moment le plus musicalement raffiné de la première moitié de soirée. Sans chercher à voler le spectacle, Leif Vollebekk a imposé une présence solide, avec cette capacité de faire beaucoup avec peu, tout en gardant l’attention du public bien accrochée.

 

Dope Lemon – Scène SiriusXM

La belle surprise de la soirée est toutefois venue de Dope Lemon. Le projet de Angus Stone, aussi connu pour son travail avec Angus & Julia Stone, est arrivé avec la proposition la plus visuelle et la plus immersive de la soirée.

Projections à l’écran, mascottes sur scène, ambiance nocturne et esthétique psychédélique : Dope Lemon avait visiblement envie de proposer quelque chose de plus large qu’un simple concert folk-rock. Et ça fonctionnait très bien. Il y avait même une foule étonnamment dense et enthousiaste devant la scène SiriusXM, signe que le projet possède déjà plusieurs admirateurs bien présents à Québec.

Musicalement, la prestation passait du rock plus direct à des ambiances plus vaporeuses, avec ce côté un peu rêveur, décontracté et psychédélique qui fait la signature du groupe. Des pièces comme How Many Times, John Belushi, Marinade, Hey You, Little Whiskey, Golden Wolf, Honey Bones, Coyote, Rose Pink et Uptown ont permis de bien mesurer l’étendue de cette proposition.

C’était varié, accrocheur et enveloppant. Même ceux qui ne connaissaient pas beaucoup Dope Lemon avant la soirée ont probablement trouvé de quoi se laisser séduire. Pour nous, ce fut clairement l’un des bons moments de la soirée.

 

Lord Huron – Scène Loto-Québec

La soirée s’est terminée avec Lord Huron, qui arrivait à la place George-V avec un décor intéressant et une proposition musicale parfaitement adaptée à l’ambiance de fin de soirée. Le groupe américain possède un univers très identifiable, quelque part entre folk, indie rock, grands espaces, récits fantomatiques et nostalgie cinématographique.

Sur scène, Lord Huron a su installer une atmosphère enveloppante, sans nécessairement chercher les grands éclats. Le décor, les éclairages et la construction des chansons donnaient au spectacle une belle cohérence visuelle et musicale. On avait l’impression d’entrer dans un monde un peu mystérieux, habité par des histoires de routes, de souvenirs et de paysages intérieurs.

La setlist permettait d’ailleurs de bien traverser les différentes couleurs du groupe, avec des pièces comme Ends of the Earth, Ghost on the Shore, Wait by the River, Secret of Life, When the Night Is Over, Long Lost, I Lied, La Belle Fleur Sauvage, Frozen Pines, Meet Me in the Woods, The Night We Met et Not Dead Yet.

Le public semblait particulièrement heureux de retrouver Lord Huron, et la place George-V offrait un cadre beaucoup plus intime que les Plaines pour apprécier ce genre de proposition. Après les détours plus lumineux de The Pairs, Billianne, Leif Vollebekk et Dope Lemon, cette conclusion avait quelque chose de naturel.

Sans faire beaucoup de bruit, cette soirée aura finalement été l’une de ces belles parenthèses du FEQ : agréable, bien menée, pleine de douceur et de découvertes. Une soirée qui ne cherchait pas nécessairement le grand moment spectaculaire, mais qui a offert plusieurs prestations solides et beaucoup de belles images à rapporter.

 

Photos par François Valenti