Limp Bizkit, Cypress Hill et Cleopatrick au FEQ – Retour en images

La 58e édition du Festival d’été de Québec prenait officiellement son envol jeudi soir et, comme chaque année, l’équipe de CaisseDeSon.com était sur place pour lancer onze jours de couverture musicale. Sous une météo presque parfaite, malgré quelques risques de pluie annoncés, nous sommes arrivés tôt sur les plaines d’Abraham, où l’on pouvait déjà sentir toute la fébrilité typique d’une première journée de festival.

Pour cette soirée d’ouverture, nous avons décidé de demeurer sur la scène Bell afin d’assister aux prestations de cleopatrick, Cypress Hill et Limp Bizkit. Trois groupes aux univers bien différents qui ont progressivement fait monter l’intensité jusqu’à transformer les Plaines en immense terrain de jeu pour Fred Durst et sa bande.

 

cleopatrick – Scène Bell

C’est vers 19 h que cleopatrick a eu la tâche d’ouvrir cette première soirée sur les plaines d’Abraham. Nous avions particulièrement apprécié FAKE MOON, le plus récent album de la formation ontarienne, et nos attentes étaient donc assez élevées avant cette première rencontre avec le groupe sur scène.

Il faut toutefois avouer que la prestation a mis du temps à véritablement prendre son envol. Était-ce de la timidité ou simplement une certaine intimidation devant l’immensité du site? Difficile à dire, mais les musiciens nous ont semblé plutôt figés durant une bonne partie du spectacle. Les interactions avec les festivaliers étaient rares et, devant la scène, le public réagissait assez peu aux pièces proposées, même si l’écoute semblait attentive.

Musicalement, la proposition demeurait solide et la lourde distorsion du groupe faisait certainement le travail, mais il manquait ce petit quelque chose pour rendre le moment mémorable. Ce n’est véritablement que durant les deux dernières pièces que cleopatrick a semblé se libérer et hausser le ton. Comme si les musiciens venaient soudainement de réaliser que leur passage sur les Plaines tirait déjà à sa fin.

Une prestation correcte, donc, mais qui nous a laissés un peu sur notre faim. Peut-être qu’un environnement plus intime conviendrait davantage à l’univers du groupe.

 

Cypress Hill – Scène Bell

Avec Cypress Hill, on savait déjà un peu à quoi s’attendre. La formation est loin d’en être à sa première visite à Québec et, chaque fois que nous avons l’occasion de la voir sur scène, la formule demeure diablement efficace.

B-Real et ses complices ont rapidement pris possession des Plaines avec cette présence scénique et cette aisance qui viennent avec les années. Bien sûr, les nombreux classiques du groupe font toujours leur effet, mais ce qui nous plaît particulièrement de Cypress Hill en spectacle demeure la dimension musicale qui accompagne les rappeurs.

Loin de la formule hip-hop où les trames sonores reposent presque entièrement sur un DJ, la présence des percussions et des musiciens donne ici énormément de corps aux chansons. Les rythmiques, parfois teintées de sonorités latines, étaient exécutées avec une redoutable précision et donnaient une tout autre ampleur à la prestation.

L’un des bons moments du spectacle est d’ailleurs survenu lors d’un intermède opposant Eric Bobo aux percussions et DJ Lord derrière ses platines. Un duel musical aussi ludique qu’efficace qui a démontré, une fois de plus, toute la force de frappe de la formation sur scène.

De Hits from the Bong à (Rock) Superstar, en passant par Insane in the Brain, Cypress Hill n’a pas eu besoin de réinventer sa formule pour séduire les festivaliers. Le groupe sait exactement comment construire un spectacle et surtout comment communiquer avec son public. Une autre prestation extrêmement solide pour ces habitués de Québec.

 

Limp Bizkit – Scène Bell

Deux décomptes affichés sur les écrans géants auront suffi pour faire grimper la tension de quelques crans avant l’arrivée de Limp Bizkit. À ce moment, les plaines d’Abraham étaient déjà bien remplies et la foule s’étendait loin derrière, jusque dans les hauteurs du site.

Pour l’équipe de CaisseDeSon.com, la surprise était forcément un peu moins grande. Nous avions assisté au spectacle de Limp Bizkit à Rock for People, en République tchèque, à peine quelques semaines plus tôt. La prestation présentée à Québec était sensiblement construite sur la même formule et nous savions donc assez bien ce qui nous attendait.

Mais même sans véritable effet de surprise, difficile de ne pas être impressionné par la qualité sonore du groupe. Dès les premières notes de Hot Dog, tout était à sa place. La basse, les guitares, la batterie et la voix de Fred Durst ressortaient avec une clarté remarquable. Peu importe l’intensité des pièces, Limp Bizkit réussissait à conserver un son puissant sans jamais tomber dans une immense masse sonore indistincte.

Comme lors de leur passage en Tchéquie, les paroles des chansons défilaient sur l’écran géant derrière le groupe, transformant rapidement les Plaines en gigantesque karaoké. Une formule simple, mais particulièrement efficace lorsque retentissent Break Stuff, My Generation, My Way, Rollin’ (Air Raid Vehicle) ou encore Nookie. Des dizaines de milliers de voix se joignaient alors à celle de Fred Durst.

Entre les chansons, le chanteur s’est montré particulièrement bavard, multipliant les interventions avec le public pendant que DJ Lethal ponctuait la soirée de vieux succès des années 80. Ces pauses ralentissaient parfois légèrement le rythme de la prestation, mais dès que le groupe reprenait les commandes, l’intensité remontait instantanément dans la foule.

Et que dire de Wes Borland? Fidèle à lui-même, le guitariste est apparu dans un accoutrement et un masque impossibles à ignorer, ajoutant encore une fois une dimension visuelle particulière au spectacle. Pendant que Fred Durst occupait le devant de la scène, Borland demeurait cette étrange créature en retrait, mais constamment fascinante à observer.

Le moment le plus marquant de la soirée est toutefois survenu lorsque Fred Durst a invité une spectatrice à monter sur scène pour l’accompagner sur Full Nelson. Arborant un look qui rappelait curieusement celui du chanteur, la jeune femme n’a pas simplement profité de son moment sous les projecteurs : elle a littéralement pris possession de la scène.

Avec une facilité déconcertante, elle a chanté aux côtés de Fred Durst, harangué la foule et bougé comme si elle avait fait ça toute sa vie. Visiblement impressionné, Durst lui a laissé énormément d’espace et le public s’est rapidement rangé derrière elle. À la fin de la chanson, on pouvait presque sentir une certaine fierté collective parcourir les Plaines. Un de ces moments spontanés qui réussissent à faire sourire tout le monde et que plusieurs festivaliers risquent de retenir longtemps.

Pour nous, ce spectacle de Limp Bizkit aura donc été sans véritable surprise, mais d’une qualité pratiquement irréprochable. Les succès étaient au rendez-vous, le groupe semblait en grande forme et l’intensité était palpable un peu partout sur le site.

Une première soirée parfaitement réussie pour cette 58e édition du Festival d’été de Québec. Et après seulement quelques heures de musique, notre marathon de onze jours ne faisait que commencer.

 

Le public du FEQ – Dans l’objectif

Évidemment, les artistes n’étaient pas les seuls à attirer notre objectif lors de cette première soirée. Tout près de la scène, les festivaliers ont eux aussi offert leur lot d’images spectaculaires, particulièrement ces fameux « festivaliers popcorn » projetés dans les airs au-dessus de la foule au rythme de la musique. Entre les visages souriants, les bras levés et quelques envolées particulièrement impressionnantes, voici quelques images du public qui a contribué, à sa façon, à l’ambiance de cette soirée d’ouverture.

 

Photos par François Valenti