Les Louanges, Haute & Freddy, Bricknasty, The Brooks, Hélène Barbier et Nectar Palace au FEQ – Retour en images

 

Pour cette quatrième soirée du Festival d’été de Québec, nous avons principalement concentré notre attention sur ce qui se passait du côté de la place George-V. La programmation y était particulièrement riche en découvertes, avec une succession d’artistes aux univers très différents, allant de la pop synthétique à la soul, du jazz fusion au funk, en passant par la chanson québécoise éclatée.

Comme c’est souvent le cas au FEQ, nous avons tout de même pris le temps de butiner un peu d’un site à l’autre pour voir ce qui se passait ailleurs. Notre collègue Julie a notamment fait un détour par la scène Hydro-Québec pour assister à une partie du spectacle de Ron Artis II, tandis que nous sommes aussi passés par les Plaines d’Abraham pour capter quelques images de The Brooks avant de revenir vers la place George-V, où Les Louanges allait conclure une soirée de grande qualité.

Nectar Palace – Scène Loto-Québec

Sous un soleil encore bien présent, Nectar Palace a lancé la soirée devant une foule peu nombreuse, mais rapidement gagnée par la proposition du groupe. Mené par Shaun Pouliot, le projet a offert une prestation très convaincante, nourrie de sonorités qui rappelaient parfois les années 80, mais avec un matériel neuf, poli et rafraîchissant.

On pouvait entendre ici et là des échos de new wave, d’électro-pop et de guitares lumineuses, avec des chansons bien ficelées qui s’enchaînaient avec beaucoup d’aisance. Il y avait dans cette ouverture quelque chose de simple, d’accrocheur et de très agréable pour amorcer la soirée.

Le groupe semblait aussi parfaitement à l’aise sur scène, malgré l’heure hâtive et l’assistance encore clairsemée. La présence de Virginie B, venue rejoindre la formation pour les deux dernières chansons, a ajouté un beau supplément de couleur à une prestation déjà bien réussie.

Une très belle entrée en matière. Le genre de proposition qu’on aurait volontiers prolongée de quelques chansons.

 

Hélène Barbier – Scène SiriusXM

La suite s’est transportée du côté de la scène SiriusXM avec Hélène Barbier, qui proposait un spectacle plus statique et plus expérimental. Son univers, moins immédiatement rassembleur que celui de Nectar Palace, demandait peut-être une écoute plus attentive et un peu plus de patience.

La prestation n’était pas dénuée d’intérêt. On y retrouvait une approche avant-pop, des textures plus rêches et une volonté de ne pas trop lisser les angles. Mais dans le contexte d’une soirée aussi riche en propositions fortes, le moment nous a semblé un peu moins marquant.

C’était bien exécuté, mais l’ensemble nous a laissés un peu plus à distance. Un passage intrigant, sans être l’un des moments les plus mémorables de cette quatrième journée.

 

Ron Artis II – Scène Hydro-Québec

Pendant ce temps, Julie a profité de la soirée pour faire un détour du côté de la scène Hydro-Québec, où se produisait Ron Artis II. Elle y a découvert un spectacle intime, tout en sensualité, en intensité et en blues, porté par un guitariste pour qui l’instrument semble devenir une véritable extension du corps.

L’artiste s’est montré particulièrement attachant, multipliant les échanges avec la foule et prenant visiblement plaisir à expérimenter sur scène. Le moment où le public a chanté pour sa fille, qui allait célébrer ses sept ans le lendemain, a ajouté une touche très humaine à cette première tournée québécoise.

Un petit détour hors de notre parcours principal, mais visiblement un très beau moment.

The Brooks – Scène Bell

Nous sommes aussi allés faire un tour du côté des Plaines d’Abraham pour assister à une partie de la prestation de The Brooks. Avec sa scène remplie de musiciens, sa section de cuivres, ses percussions, ses guitares, son synthé et sa basse bien en avant, le groupe montréalais avait tout ce qu’il fallait pour faire groover les festivaliers avant la suite de la soirée sur la scène Bell.

The Brooks demeure une véritable machine à groove. Funk, soul, R&B, jazz et afrobeat se croisaient dans une proposition extrêmement musicale, portée par des musiciens qui semblaient prendre autant de plaisir à jouer que le public à les entendre.

Un des beaux moments du spectacle est venu avec Sista, pièce pendant laquelle le groupe a salué plusieurs grandes dames de la musique, dont Aretha Franklin, Tina Turner, Janis Joplin, Whitney Houston et Amy Winehouse. Une manière élégante de rappeler les racines et les héritages qui traversent leur musique.

Même si nous n’avons vu qu’une partie de la prestation, The Brooks a confirmé sa réputation de groupe redoutable sur scène. Grosse formation, belle énergie, beaucoup de classe et une ambiance parfaite pour préparer le terrain avant Melody Gardot.

 

Bricknasty – Scène Loto-Québec

De retour à la place George-V, nous avons fait l’une des très belles découvertes de notre soirée avec Bricknasty. Le groupe irlandais a rapidement imposé un univers difficile à classer, quelque part entre jazz fusion, funk, R&B, rap et passages plus lourds, avec par moments une énergie qui pouvait même tendre vers le drum and bass.

La chimie entre les musiciens était frappante. Le batteur, particulièrement impressionnant, donnait beaucoup d’élan à l’ensemble, tandis que le groupe passait d’une ambiance à l’autre avec une aisance remarquable. C’était accessible sans être facile, technique sans devenir démonstratif.

Il y avait dans cette prestation quelque chose de très actuel, de très vivant. Une musique qui emprunte à plusieurs langages sans jamais donner l’impression de simplement empiler les influences. Même si la voix pouvait moins nous rejoindre par moments, l’ensemble fonctionnait très bien.

Bricknasty fait clairement partie des groupes à surveiller de près. Une découverte forte et l’un des très bons moments de cette quatrième soirée.

 

Haute & Freddy – Scène SiriusXM

C’était probablement le spectacle que nous attendions le plus personnellement dans cette édition 2026 du Festival d’été de Québec. Et Haute & Freddy n’a absolument pas déçu.

Le duo de Los Angeles est arrivé sur scène avec des costumes flamboyants, une présence théâtrale immédiatement assumée et une énergie qui remplissait l’espace à elle seule. À deux musiciens seulement, Haute & Freddy donnait pourtant l’impression d’occuper toute la scène, entre chorégraphies, scénarios, voix puissantes et sonorités synthétiques parfaitement calibrées.

Musicalement, le groupe navigue dans un univers électro-pop théâtral qui peut rappeler par moments La Roux, Kate Bush, Cyndi Lauper ou même certaines facettes plus excentriques de Lady Gaga. On pourrait très facilement imaginer Haute & Freddy en première partie d’un grand spectacle pop où le visuel, la danse, la voix et l’attitude comptent autant que les chansons.

De Anti Superstar à Scantily Clad, en passant par Sophie, Freaks et Shy Girl, les pièces s’enchaînaient avec une efficacité redoutable. Les chansons sont accrocheuses, la sonorité était impeccable et la chanteuse Michelle Buzz a livré une performance d’une énergie assez renversante. La reprise de Let’s Dance de David Bowie s’intégrait aussi parfaitement à cet univers à la fois baroque, ludique et un peu bizarre.

Même si nous avions l’impression de faire partie des rares personnes à Québec qui connaissaient déjà le groupe, il est difficile d’imaginer que les festivaliers présents n’aient pas été séduits par cette découverte. Haute & Freddy a livré un spectacle complet, parfaitement assumé, avec ce sentiment rare d’assister à quelque chose qui pourrait exploser beaucoup plus largement dans les prochains mois.

À nos yeux, c’est assurément l’un des spectacles marquants de ce début de FEQ.

 

Les Louanges – Scène Loto-Québec

La soirée s’est terminée avec Les Louanges, projet de Vincent Roberge, qui revenait jouer pratiquement à la maison devant une place George-V déjà très enthousiaste avant même son arrivée sur scène. Les festivaliers scandaient son nom, connaissaient les paroles et semblaient prêts à lui offrir l’accueil qu’il méritait.

Dès les premières chansons, on sentait que la relation entre l’artiste et son public était particulièrement forte. Les Louanges ne propose pas simplement une chanson québécoise bien ficelée : il incarne une nouvelle génération de musiciens capables de faire éclater les cadres, de mélanger les textures, de jouer avec les grooves, l’improvisation, la pop, le funk, le jazz et la parole intime sans jamais perdre le fil.

Le spectacle avançait avec souplesse, porté par des arrangements riches et une grande musicalité. Des pièces comme Promis juré, Qu’est-ce que tu m’fais, GODDAMN!, Pitou, À la nage, Tercel, La journée va être chaude, Correct ou La nuit est une panthère ont trouvé un public déjà conquis, heureux de chanter fort et de célébrer l’un des artistes les plus importants de la scène québécoise actuelle.

Il y avait aussi une belle fierté dans cette foule tissée serrée. Une impression de voir une génération qui prend sa place, qui joue avec les codes, qui ne demande plus la permission et qui arrive à transmettre quelque chose de très personnel tout en rassemblant largement.

La setlist a aussi permis de traverser plusieurs facettes du répertoire, jusqu’à Je bouge pas, qui a conclu la soirée sur une note rassembleuse. Entre les moments plus dansants, les passages plus vulnérables et les élans instrumentaux, Les Louanges a offert un spectacle de grande qualité, à la fois généreux, libre et profondément ancré dans son époque.

Après une soirée remplie de découvertes, de détours et de propositions musicales très différentes, cette conclusion avec Les Louanges avait quelque chose de particulièrement naturel. Un dimanche ensoleillé, une place George-V bien vivante, des artistes inspirés et plusieurs très belles surprises : voilà une autre soirée parfaitement réussie au Festival d’été de Québec.

 

Avant de refermer cette quatrième soirée du Festival d’été de Québec, voici aussi quelques images des festivaliers croisés au fil de la soirée. Entre les sourires, les regards attentifs, les moments de danse et cette ambiance détendue qui accompagne si bien les soirées d’été à Québec, ces photos rappellent que le FEQ, ce sont aussi les gens qui habitent les sites, les font vibrer et donnent toute sa couleur au festival.

 

Photos par François Valenti