Goldfinger, Groovy Aardvark et The Dreadnoughts au FEQ – Retour en images

 

Pour cette dixième soirée au Festival d’été de Québec, nous avons pris la direction de Place George-V, où une soirée sous le signe du punk rock était prévue avec Général Chaos, Birds of Prrrey, The Dreadnoughts, Groovy Aardvark et Goldfinger. Malheureusement, la météo est venue compliquer les choses en début de soirée, forçant la fermeture temporaire des sites et l’annulation des deux premiers spectacles.

Il fallait donc faire preuve d’un peu de patience avant que la soirée puisse finalement reprendre, dans un horaire forcément remanié. Mais les festivaliers qui ont décidé d’attendre la fin de l’orage ont été récompensés par trois prestations aussi festives qu’énergiques. Entre le punk celtique de The Dreadnoughts, le rock alternatif toujours bien vivant de Groovy Aardvark et le ska-punk bondissant de Goldfinger, Place George-V a fini par retrouver toute son énergie.

 

The Dreadnoughts – Scène Loto-Québec

C’est finalement avec The Dreadnoughts que la soirée a véritablement pu s’amorcer. Le groupe de Vancouver est arrivé avec sa proposition de punk celtique, de polka, de folk et de chansons de marins, dans une formule parfaitement adaptée à une foule qui avait visiblement envie de se dégourdir après l’attente.

Dès les premières pièces, The Dreadnoughts ont misé sur la participation du public. Il y avait quelque chose de ludique dans leur manière de mener le spectacle, mais sans jamais sacrifier la qualité musicale. Le groupe joue vite, fort, avec une belle maîtrise de son style, et cette énergie joyeuse a rapidement trouvé preneur devant la scène.

Des morceaux comme Roll Northumbria, Polka Pit, Tarantula Bang Bang, Polka Never Dies, Vicky’s Polka, Sleep Is for the Weak, Cider Road et Poutine donnaient à la prestation des airs de grande fête punk-folk un peu désordonnée, mais toujours bien tenue.

Après les caprices de la météo, ce genre de proposition faisait franchement du bien. The Dreadnoughts ont livré un spectacle amusant, généreux et rassembleur, parfait pour relancer la soirée.

 

Groovy Aardvark – Scène SiriusXM

La suite appartenait à Groovy Aardvark, véritable institution du rock alternatif québécois, qui célèbre cette année ses 40 ans de carrière. Dans un contexte comme celui du FEQ, voir le groupe monter sur scène après une soirée perturbée par la pluie avait quelque chose d’assez réjouissant. Comme si le rock québécois venait lui-même rappeler qu’il en avait vu d’autres.

Fidèles à eux-mêmes, Vincent Peake, Danny Peake et leurs complices ont offert un spectacle énergique, décontracté et bien ancré dans cette personnalité qui fait la marque du groupe depuis si longtemps. Dès l’introduction inspirée de Rencontre du troisième type, suivie de Ultra-Sonde et Y’a-tu-kelkun?, on retrouvait tout de suite cette façon unique de mêler humour, intensité et riffs bien sentis.

La prestation a aussi permis d’entendre plusieurs moments attendus du répertoire, dont Y’a-Tu Quelqu’un?, Le cœur est une bombe, Rowdy Road People, Dieu est occupé, on peut-tu t’aider?, Boisson d’avril, C’est pas facile, Tetris, Amphibiens et Ingurgitus.

Quelques invités sont également venus se joindre à eux, ajoutant encore un peu plus de couleur à cette célébration. Stéphane Vigeant, guitariste fondateur du groupe, est notamment venu participer à The Great Race to Zero, tandis que Marc Vaillancourt a prêté sa voix à Le p’tit bonheur. Une belle manière de souligner le parcours d’un groupe qui a marqué l’histoire du rock d’ici sans jamais donner l’impression de vouloir rentrer dans le moule.

Groovy Aardvark a livré une prestation fidèle à son esprit : un bon show, généreux, un peu fou, profondément québécois et encore très vivant.

 

Goldfinger – Scène Loto-Québec

La soirée s’est terminée avec Goldfinger, qui avait la mission de clore cette soirée punk malgré le mauvais départ imposé par la météo. Et il n’a pas fallu longtemps avant que la formation californienne transforme Place George-V en véritable party ska-punk.

Le groupe est arrivé avec une énergie débordante, des cuivres bien en avant et cette capacité de rendre chaque chanson à la fois vive, mélodique et festive. John Feldmann s’est montré particulièrement efficace pour faire réagir la foule, multipliant les interactions et gardant le rythme bien haut du début à la fin.

Musicalement, Goldfinger a offert exactement ce que les festivaliers pouvaient espérer : un mélange de ska, de punk-rock et de refrains accrocheurs, appuyé par une section de cuivres qui donnait beaucoup de relief à l’ensemble. Des pièces comme Spokesman, Get Up, Counting, Bedroom, Get What I Need, Open Your Eyes, Mable et Superman ont fait leur effet auprès d’un public visiblement heureux d’être resté malgré la pluie.

Le groupe a aussi glissé quelques reprises dans sa setlist, dont Linoleum de NOFX, Just Like Heaven de The Cure et 99 Red Balloons de Nena, autant de clins d’œil qui s’intégraient parfaitement à l’esprit festif de la soirée.

L’un des moments les plus sympathiques est venu lorsque John Feldmann a invité les enfants présents dans le public à monter sur scène pendant Mable. Un petit moment chaotique, attachant et parfaitement dans le ton d’un concert de Goldfinger, où personne ne semblait avoir envie de se prendre trop au sérieux.

Après une soirée qui aurait pu être complètement plombée par la météo, Goldfinger a réussi à ramener tout le plaisir juvénile du punk à Place George-V. C’était vif, mélodique, festif et franchement efficace.

Au final, cette dixième soirée du FEQ aura demandé un peu de patience, mais les festivaliers qui ont bravé l’orage auront eu droit à une belle récompense. The Dreadnoughts, Groovy Aardvark et Goldfinger ont chacun ramené, à leur manière, cette énergie simple et essentielle qui fait du punk une musique aussi physique que rassembleuse.

 

 

Photos par François Valenti