Deux jours au Rock for People : à la découverte d’un géant des festivals européens

 

Après avoir parcouru de nombreux festivals au Québec au fil des années, Caissedeson pose cette fois ses valises à Hradec Králové, en République tchèque, pour découvrir l’un des plus importants festivals de musique en Europe centrale : le Rock for People.

Présenté sur le vaste site de Park 360, un ancien complexe militaire transformé en terrain de jeu pour les amateurs de musique, le festival accueille chaque année des dizaines de milliers de festivaliers venus des quatre coins de l’Europe. L’édition 2026 réunit notamment des artistes comme Gorillaz, Iron Maiden, Bring Me The Horizon, Megadeth, Halsey, Limp Bizkit, Electric Callboy, Limp Bizkit, BABYMETAL, Wolf Alice, Three Days Grace, Tom Morello, Nothing But Thieves, Social Distortion et bien d’autres.

Cette visite revêt également une signification particulière pour nous puisque nous participons à la finale de Planetrox Europe 2026, un projet développé par le festival Envol et Macadam qui permet à des groupes émergents européens de se produire devant des professionnels de l’industrie et de courir la chance de se produire au Québec en septembre prochain.

Notre présence en République tchèque nous a également permis de constater pourquoi le Rock for People figure aujourd’hui parmi les festivals les plus respectés du continent. Bien au-delà de sa programmation musicale, l’événement propose une expérience complète où l’aménagement du site, la qualité des infrastructures et l’attention portée aux détails contribuent à créer un environnement unique pour les festivaliers.

 

Un festival à l’échelle européenne

Avant même le début officiel de notre couverture du Rock for People 2026, nous avons profité de notre arrivée à Hradec Králové le mardi soir pour effectuer une première visite du site. Situé à une quinzaine de minutes du centre-ville, le festival prend place sur le vaste complexe de Park 360, un ancien aéroport militaire reconverti en site événementiel.

Dès les premiers pas sur le terrain, une chose saute immédiatement aux yeux : l’immensité des lieux. Habitués aux grands festivals québécois, nous avons rapidement compris que le Rock for People évoluait dans une catégorie bien à part. Avec ses huit scènes réparties sur un territoire immense, dont deux scènes principales faisant face l’une à l’autre à chaque extrémité du site, le festival impressionne autant par ses dimensions que par la qualité de ses infrastructures.

Le mercredi matin, sous un ciel gris et parfois pluvieux, nous avons entrepris notre première journée officielle de couverture en nous dirigeant vers la scène Reflex, hôte de la finale de Planetrox Europe 2026. Cette scène, commanditée par le magazine tchèque Reflex, fait partie des nombreuses installations qui composent un site pensé pour accueillir des dizaines de milliers de festivaliers pendant plusieurs jours.

Au-delà des scènes, c’est toute l’organisation du terrain qui impressionne. Les anciens hangars de l’aéroport ont été transformés en espaces multifonctionnels servant tantôt de zones de restauration, de boutiques de produits dérivés, d’espaces de détente, de lieux de rencontre pour l’industrie musicale ou encore d’aires de divertissement. L’un des plus impressionnants était sans doute l’immense espace commandité par PlayStation où les festivaliers pouvaient jouer à différents jeux vidéo entre deux spectacles.

Le Rock for People se distingue également par son offre alimentaire exceptionnelle. Plus d’une centaine de concessions proposaient des cuisines provenant des quatre coins du monde. De la cuisine tchèque aux spécialités asiatiques, en passant par les saveurs mexicaines, italiennes, grecques, belges ou américaines, les options semblaient pratiquement infinies. Au cœur du site, un immense food court regroupait des dizaines de restaurateurs autour d’une vaste aire de repas où il était facile de trouver une place pour manger et reprendre des forces.

L’expérience offerte aux campeurs est tout aussi impressionnante. Puisque plusieurs festivaliers séjournent sur place pendant toute la durée de l’événement, le site propose une foule de services rarement observés dans les festivals nord-américains. Parmi les curiosités les plus surprenantes, un espace commandité par Samsung mettait gratuitement à la disposition des campeurs des laveuses et des sécheuses afin qu’ils puissent faire leur lessive pendant leur séjour. Une scène plutôt inusitée que de voir des festivaliers arriver avec leur brassée de linge entre deux concerts.

L’un des éléments qui nous a particulièrement impressionnés tout au long du séjour est l’attention portée à l’aménagement visuel des différentes scènes. Alors que plusieurs festivals se contentent d’installer des chapiteaux fonctionnels, le Rock for People transforme chacun de ces espaces en environnement immersif à part entière.

La scène Reflex, qui accueillait notamment la finale de Planetrox Europe 2026, présentait déjà une signature visuelle remarquable avec ses nombreuses illustrations suspendues au plafond. Mais c’est la scène E2 Europa qui nous a véritablement laissé sans voix. Installée dans un immense chapiteau pouvant accueillir plusieurs milliers de spectateurs, cette scène proposait une décoration inspirée de la nature. Le plafond était entièrement recouvert d’un revêtement évoquant la végétation, tandis que d’immenses structures florales étaient suspendues au-dessus de la foule.

Un détail particulièrement original a retenu notre attention : au début du festival, ces gigantesques fleurs apparaissaient sous la forme de bourgeons fermés. Puis, au fil de la première journée, elles se sont progressivement ouvertes pour dévoiler d’impressionnantes fleurs géantes qui dominaient l’ensemble du chapiteau.

Le résultat était spectaculaire et donnait l’impression d’assister à une transformation vivante du décor en même temps que se déroulait le festival. Cette attention aux détails illustre parfaitement la philosophie du Rock for People, où l’expérience ne se limite pas aux spectacles, mais englobe également l’environnement dans lequel ils prennent place. La décoration contribue aussi largement à l’identité visuelle du festival. D’immenses sculptures, plusieurs œuvres artistiques et diverses installations thématiques parsèment le terrain. Une tour d’observation présentée par Mastercard permet même d’admirer l’ensemble du site depuis les hauteurs et de mieux saisir l’ampleur impressionnante du festival.

Mais au-delà des infrastructures, ce sont peut-être les festivaliers qui nous ont laissé la meilleure impression. Malgré une programmation largement dominée par le rock, le punk et le metal, l’ambiance générale demeurait étonnamment détendue et respectueuse. Même dans un pays reconnu pour sa culture brassicole, les excès semblaient relativement rares. Les gens étaient là pour célébrer la musique, dans une atmosphère conviviale où régnait un véritable sentiment de communauté.

Cette première découverte du site nous a rapidement permis de comprendre pourquoi le Rock for People est aujourd’hui considéré comme l’un des événements musicaux majeurs en Europe centrale. Et pourtant, le meilleur restait encore à venir avec la finale de Planetrox Europe 2026.

 

Une finale Planetrox Europe relevée

Notre première journée au Rock for People était consacrée à la finale de Planetrox Europe 2026, présentée sur la scène Reflex. Installée dans un vaste chapiteau pouvant accueillir près d’un millier de spectateurs, cette scène offrait un environnement particulièrement chaleureux avec son sol recouvert de copeaux de bois, ses gradins permettant de suivre les prestations confortablement assis et sa décoration artistique qui comptait parmi les plus réussies du festival.

Les quatre groupes finalistes avaient été sélectionnés parmi plus d’une centaine de candidatures provenant de toute l’Europe. Dès les premières notes, il était évident que le jury aurait droit à une compétition particulièrement relevée.

 

Taking Back August ouvre les hostilités

C’est la formation roumaine Taking Back August qui a eu la tâche de lancer cette finale vers l’heure du midi. Arborant un maquillage noir accentuant l’aspect sombre de leur proposition artistique, les musiciens ont livré une prestation énergique où le metalcore et le hardcore moderne occupaient une place centrale.

Originaire de Bucarest, le groupe se distingue par ses compositions puissantes interprétées en roumain, une particularité qui ajoutait une personnalité bien à eux dans cette finale. Leur énergie contagieuse et leur présence scénique ont rapidement permis de réchauffer le public malgré une météo parfois capricieuse.

 

IANWILL impressionne par sa puissance

La France était représentée par IANWILL, une formation menée par la chanteuse Audrey Ebrotié. Dès les premières chansons, le groupe a démontré une maîtrise impressionnante de son art.

Mélangeant influences metalcore, death metal et sonorités inspirées du djent, IANWILL a particulièrement marqué les esprits grâce à l’étendue vocale de sa chanteuse. Capable de passer de passages extrêmement agressifs à des moments beaucoup plus mélodiques, Audrey Ebrotié domine littéralement la scène et captive l’attention du public du début à la fin.

Ajoutons à cela une solide présence scénique et une cohésion exemplaire entre les musiciens, et l’on obtient un groupe qui possède clairement les outils nécessaires pour se faire une place importante sur la scène metal européenne dans les années à venir.

 

LUTHER : l’originalité au rendez-vous

Troisième groupe à monter sur scène, LUTHER proposait probablement l’univers le plus singulier de cette finale. Basée à Berlin, cette formation réunit des musiciens provenant de plusieurs pays, dont l’Allemagne, l’Italie, le Chili et l’Angleterre. Cette diversité culturelle semble d’ailleurs se refléter dans une musique qui refuse les frontières stylistiques traditionnelles.

Entre metal alternatif, prog metal, nu metal, hardcore et sonorités électroniques, LUTHER construit des compositions complexes qui demeurent pourtant accessibles. Le groupe se démarque également par une approche théâtrale particulièrement développée. Au centre de cette proposition artistique se trouve Eleonora « Leo » Barbato, une chanteuse dont la présence scénique est impossible à ignorer. Malgré son petit gabarit, elle dégage une force impressionnante et attire naturellement tous les regards. Alternant entre voix extrêmes et passages plus mélodiques, elle incarne parfaitement l’intensité émotionnelle des compositions du groupe. Par son originalité, son audace et sa capacité à surprendre, LUTHER a sans aucun doute signé l’une des prestations les plus marquantes de cette finale.

 

Lazywall fait voyager le public

La finale s’est conclue avec une proposition complètement différente grâce à Lazywall. Officiellement représentant de la France, le trio est composé de trois frères originaires de Tanger, au Maroc. Dès les premières notes, le groupe a transporté le public dans un univers où les guitares rock modernes côtoient des influences profondément ancrées dans la culture musicale arabe.

Chantées en arabe, les compositions de Lazywall abordent des thèmes tels que les injustices sociales, l’intégration et les enjeux environnementaux. Pourtant, même sans comprendre les paroles, l’intensité des interprétations et la richesse musicale du groupe permettent de transmettre efficacement les émotions.

Après trois formations fortement ancrées dans l’univers du metal moderne, Lazywall apportait une couleur complètement différente à cette finale. Leur mélange de rock alternatif, de rythmiques orientales et de sonorités traditionnelles a offert un véritable voyage musical qui démontrait toute la richesse et la diversité de la scène émergente internationale.

 

LUTHER remporte les honneurs

Au terme d’une journée riche en découvertes musicales, le verdict du jury a finalement été dévoilé vers 19 h 30 devant les artistes et les festivaliers réunis à la scène Reflex. Dans une finale particulièrement relevée où chacun des quatre groupes avait présenté une proposition artistique forte et distincte, c’est finalement la formation berlinoise LUTHER qui a remporté les honneurs de Planetrox Europe 2026.

La réaction des musiciens témoignait d’ailleurs de toute l’importance de cette victoire. Visiblement surpris et émus par l’annonce, les membres du groupe ont accueilli la nouvelle avec beaucoup d’enthousiasme devant leurs collègues finalistes et les représentants de l’industrie présents sur place.

Cette victoire permettra maintenant au groupe de traverser l’Atlantique afin de participer à la 29e édition d’Envol et Macadam. Les festivaliers québécois auront l’occasion de découvrir LUTHER à deux reprises. Le groupe se produira d’abord le vendredi 11 septembre sur la scène de l’Agora du Port de Québec dans le cadre d’une soirée mettant notamment en vedette Vader, Despised Icon et Hatebreed. LUTHER remontera ensuite sur scène le lendemain, le samedi 12 septembre, au Scanner Bistro pour un second concert présenté aux côtés de groupes québécois.

Au-delà du résultat final, cette édition de Planetrox Europe aura surtout démontré la vitalité de la scène émergente internationale et confirmé la pertinence d’un projet qui continue, année après année, à bâtir des ponts entre les artistes européens et le public québécois.

 

 

Entre découvertes et grandes pointures internationales

Comme notre attention était principalement tournée vers la finale de Planetrox Europe, plusieurs spectacles figurant à notre horaire initial ont finalement dû être sacrifiés. Malgré tout, nous avons réussi à profiter de plusieurs prestations marquantes qui nous ont permis de mieux découvrir l’ampleur et la diversité de la programmation du Rock for People.

L’une des premières surprises de la journée fut sans contredit la prestation de Bloodywood. Originaire de New Delhi, le groupe s’est rapidement imposé comme l’une des curiosités les plus intéressantes du festival grâce à son mélange unique de nu metal, de musique traditionnelle indienne et de sonorités modernes. Devant une foule particulièrement nombreuse et enthousiaste, les musiciens ont livré une performance énergique, festive et hautement divertissante. La combinaison des instruments traditionnels, des rythmiques lourdes et de l’énergie contagieuse du groupe créait un résultat aussi surprenant qu’efficace.

Nous avons également pu assister à une partie du concert de The Pretty Reckless. Menée par la charismatique Taylor Momsen, la formation américaine a démontré pourquoi elle demeure l’un des groupes phares du rock alternatif contemporain. Sa voix puissante et sa présence scénique ont rapidement conquis la foule rassemblée devant la scène.

Impossible également de passer à côté du passage de Megadeth. Le légendaire groupe de thrash metal figure parmi les formations qui ont marqué plusieurs générations de fans et, avec les récentes déclarations entourant la possibilité d’un dernier cycle d’albums et de tournées, cette prestation revêtait un caractère particulier. Même si nous n’avons assisté qu’à une partie du spectacle, nous avons eu droit à plusieurs classiques incontournables, dont Skin o’ My Teeth, Symphony of Destruction, Hangar 18 et Holy Wars… The Punishment Due. Malgré les années, la machine Megadeth demeure redoutablement efficace.

Alors que la pluie gagnait progressivement en intensité à mesure que la soirée avançait, il n’était toutefois pas question pour nous de quitter le site avant la prestation de Gorillaz. Présenté sur l’une des scènes principales du Rock for People, le spectacle du groupe mené par Damon Albarn a constitué l’un des moments forts de notre séjour en République tchèque. Habitués à suivre la carrière de la formation depuis ses débuts, nous avons eu l’occasion de voir Gorillaz à plusieurs reprises au fil des ans, mais cette performance possédait quelque chose de particulièrement mémorable.

La pluie, loin de nuire à l’ambiance, semblait même ajouter une dimension supplémentaire à l’expérience. Damon Albarn paraissait en excellente forme et visiblement heureux de se produire devant le public tchèque.

Comme le veut la tradition chez Gorillaz, la scène était occupée par une impressionnante troupe de musiciens et plusieurs artistes invités sont venus enrichir différentes portions du spectacle. Le groupe a proposé un savant équilibre entre les pièces de son plus récent album et les grands classiques qui ont contribué à bâtir sa réputation internationale. Des chansons comme Stylo, Feel Good Inc. et Clint Eastwood ont naturellement provoqué de fortes réactions au sein de la foule.

Visuellement, le spectacle demeurait tout aussi impressionnant. Les célèbres personnages animés du groupe occupaient une place importante sur les écrans géants tandis qu’une multitude d’animations et de séquences visuelles venaient ponctuer les différentes chansons. Tous les éléments étaient réunis pour offrir une expérience immersive à la hauteur de la réputation de Gorillaz.

Après cette conclusion magistrale, il était temps pour nous de quitter le site et de reprendre la route vers Hradec Králové. Trempés par la pluie mais le sourire aux lèvres, nous terminions cette première journée avec le sentiment d’avoir découvert un festival hors norme et d’avoir assisté à plusieurs moments mémorables.

 

 

Une deuxième journée sous le soleil

Après une première journée marquée par la pluie et un ciel menaçant, c’est sous un soleil radieux que nous sommes retournés sur le site du Rock for People pour notre deuxième et dernière journée de festival. L’ambiance était complètement différente de celle de la veille. La lumière mettait davantage en valeur l’immensité du site et nous a permis de découvrir plusieurs secteurs que nous n’avions pas eu l’occasion d’explorer lors de notre première visite.

Notre journée a commencé en entendant quelques chansons de Social Distortion, qui effectuait un retour attendu sur les scènes européennes. Nous avons ensuite pu assister à une portion de la prestation de Breaking Benjamin, qui a offert une solide performance à la hauteur de sa réputation, avant de croiser également la route de Papa Roach et Quicksand pour quelques morceaux.

 

Le phénomène BABYMETAL

Direction ensuite la scène Mastercard pour découvrir l’un des phénomènes les plus uniques de la scène musicale actuelle : BABYMETAL. Même pour les festivaliers qui connaissaient peu le groupe, la curiosité semblait palpable devant la scène. Le concept demeure fascinant : trois chanteuses japonaises soutenues par des musiciens d’une précision technique remarquable qui livrent un mélange explosif de metal moderne, de pop japonaise et de performance visuelle.

Bien que le spectacle ait été présenté en plein jour, limitant quelque peu l’impact des effets visuels et de la pyrotechnie habituellement associés au groupe, la prestation n’en demeurait pas moins impressionnante.

 

Barns Courtney tout près de son public

Nous avons ensuite changé complètement d’ambiance en nous dirigeant vers la scène Peter Svoboda pour assister à une prestation acoustique de Barns Courtney. L’artiste avait choisi de se présenter seul avec sa guitare acoustique sur une scène plus intime afin d’établir un contact direct avec les spectateurs. Le pari s’est avéré gagnant. Sa voix chaleureuse, son énergie contagieuse et son aisance naturelle ont rapidement conquis la foule. Le moment le plus surprenant est survenu lorsqu’il s’est lancé dans un body surfing au milieu des spectateurs, une scène plutôt rare lors d’une prestation acoustique.

 

Yard Act apporte une touche britannique

À quelques pas de là, dans le spectaculaire chapiteau de la scène E2 Europa, nous avons découvert Yard Act. Le groupe anglais proposait une sonorité nettement différente de ce que nous avions entendu depuis le début du festival. Entre indie rock, post-punk et spoken word, Yard Act apportait une couleur typiquement britannique à une programmation largement dominée par le rock et le metal. La performance était énergique, entraînante et portée par une personnalité artistique très affirmée.

 

Deki Alem : la découverte du festival

S’il fallait retenir un seul spectacle parmi tous ceux auxquels nous avons assisté durant nos deux journées en République tchèque, ce serait sans hésitation celui de Deki Alem. Le duo originaire de Stockholm se produisait devant un chapiteau bondé où plusieurs festivaliers semblaient découvrir le groupe pour la première fois.

Leur musique est difficile à définir tant elle mélange les influences. On y retrouve du rap, du punk, du grunge, de l’électro et du drum and bass, le tout porté par une énergie qui rappelle les grandes heures de la culture rave européenne.

Pour notre part, Deki Alem représentait l’un des spectacles les plus attendus du séjour et le groupe a largement dépassé nos attentes. Il s’agit non seulement de notre plus belle découverte du Rock for People, mais également du spectacle qui nous a le plus marqués durant notre passage au festival.

Le hasard nous a même permis de croiser les membres du groupe plus tard en soirée à Hradec Králové. Nous avons eu l’occasion d’échanger quelques minutes avec eux et de constater à quel point ils étaient heureux de leur expérience au Rock for People. Une rencontre aussi sympathique que mémorable avec des artistes que nous espérons sincèrement voir fouler les scènes québécoises dans un avenir rapproché.

 

Limp Bizkit ferme les livres

Pour conclure notre séjour, nous avons pris la direction de la scène Mastercard où Limp Bizkit assurait la tête d’affiche. Fidèles à leur réputation, Fred Durst, Wes Borland et leurs comparses ont offert une prestation explosive devant une foule immense.

Tous les grands classiques étaient au rendez-vous et l’ambiance ressemblait parfois à un gigantesque karaoké collectif alors que les paroles des chansons étaient affichées sur les écrans géants. Les milliers de festivaliers présents reprenaient en chœur chaque refrain. L’un des moments les plus mémorables est survenu lorsque le groupe a invité des spectateurs à monter sur scène afin d’interpréter certaines chansons avec eux. Deux fans ont notamment eu l’occasion de chanter une bonne partie de Nookie devant la foule, livrant une performance qui semblait même impressionner Fred Durst lui-même.

Comme chaque fois que nous avons eu l’occasion de voir Limp Bizkit en spectacle, un élément nous a particulièrement frappés : la qualité irréprochable du son. Une conclusion idéale pour terminer notre expérience au Rock for People.

 

 

Une expérience qui donne envie de revenir

Au terme de ces deux journées passées à Hradec Králové, difficile d’imaginer une meilleure première expérience, autant au Rock for People qu’en République tchèque. Malgré la barrière linguistique qui peut parfois représenter un défi pour les visiteurs étrangers, nous nous sommes sentis accueillis avec une générosité et une bienveillance remarquables, tant par les festivaliers que par les membres de l’organisation.

Le Rock for People est sans contredit un festival d’exception présenté sur un site tout aussi exceptionnel. Bien sûr, certains aspects peuvent rappeler de grands événements québécois, mais plusieurs éléments distinguent clairement cette expérience de ce que nous avons l’habitude de voir de ce côté-ci de l’Atlantique.

On pense notamment à l’ampleur des installations, à l’utilisation ingénieuse des anciens hangars de l’aéroport, à la qualité des espaces de vie offerts aux festivaliers et à l’attention portée aux moindres détails. L’esthétique du site évoque parfois les grands festivals internationaux comme Coachella, mais l’âme du Rock for People appartient avant tout au public tchèque. Bien entendu, la musique demeure au cœur de l’événement et la programmation 2026 nous a permis d’assister à plusieurs prestations mémorables. Toutefois, ce que nous retiendrons avant tout de cette visite, c’est la qualité globale de l’expérience proposée. Chaque espace, chaque installation et chaque détail semblent avoir été réfléchis afin d’offrir aux visiteurs bien plus qu’une simple succession de concerts.

On sent également qu’il s’agit d’un festival qui a évolué et grandi au fil des années, atteignant aujourd’hui une impressionnante maturité organisationnelle.

Une chose est certaine : si vous avez l’occasion d’assister à une prochaine édition du Rock for People, nous vous recommandons fortement de saisir cette chance. Entre la qualité de sa programmation, la beauté de son site et l’atmosphère unique qui y règne, il s’agit d’un rendez-vous incontournable pour tout amateur de musique et de festivals.

Merci à toute l’équipe du Rock for People pour son accueil chaleureux ainsi que pour cette expérience inoubliable. Nous espérons sincèrement avoir l’occasion de revenir vous visiter très bientôt.

 

Crédits photos: Francois Valenti et Vojtěch Mervart