Retour sur la 22e édition d’Envol et Macadam

 

Comme c’est la tradition depuis quelques années déjà, la saison des grands événements prend fin de fort belle façon à Québec avec le festival Envol et Macadam qui se tient au début septembre. La 22e édition (oui, oui, 22, déjà!) qui s’est conclue ce samedi a donné lieu à des performances enlevantes qui ont fait briller la musique alternative au cœur de Québec et qui ont comblé de nombreux festivaliers.

Le tout a commencé en force jeudi soir avec des groupes finalistes des auditions Planetrox, puis avec de la grande visite d’Angleterre alors que les vétérans Diamond Head se sont produits du côté de l’Anti. Formé en 1976, le groupe qui est reconnu pour avoir influencé de grands noms du métal (dont Metallica) a attiré une foule importante à Québec. Bien que des membres plus jeunes fassent partie de l’alignement du quatuor aujourd’hui, le guitariste original Brian Tatler est encore de l’aventure et sait faire hurler sa six-cordes de façon toujours très convaincante. Plus tard en soirée, les amateurs de guitares rock ont cédé la place aux fans de beats hip-hop tandis que DJ Yella a pris le contrôle de l’Anti. Le producteur originaire de Compton (Californie) est l’un des membres fondateurs de la formation hip-hop N.W.A avec Dr Dre, Ice Cube, Eazy-E et Arabian Prince. Le passage de ce pionnier du gangsta rap à Québec a attiré les férus de musique urbaine qui se sont éclatés tout au long de sa prestation.

 

Voici nos photos de cette soirée sous le signe de la variété.

 

Le vendredi marquait l’ouverture du site de l’Îlot Fleurie avec un programme qui mettait en lumière la musique bien rapide et énergique. C’est la formation Portland! qui a eu l’honneur de partir le bal, suivie par The Hunters qui a offert une de ses dernières performances suite à l’annonce de la fin imminente du groupe qui, après douze ans de loyaux services punk rock, a choisi de mettre toute son énergie dans son projet francophone Caravane. La soirée s’est poursuivie au son du punk rock technique et mélodique de la formation de Québec Mute qui a livré une prestation d’une grande efficacité, témoignant de sa précision et sa parfaite maîtrise du genre. Ce fut au tour de Toby Morse et ses amis de H2O de prendre la scène d’assaut par la suite pour secouer la foule au rythme de leurs hymnes hardcore parmi lesquels se sont insérés quelques extraits de reprises plutôt surprenantes. Enfin, on a été confié aux bons soins de nos confrères canadiens de Propagandhi pour conclure cette soirée au son de leur punk rock toujours aussi engagé et pertinent. S’adressant presque toujours en français à la foule, le chanteur Chris Hannah et sa bande ont pigé dans les différents titres de leur discographie et ont offert aussi les deux extraits (Victory Lap et Failed Imagineer) de l’album Victory Lap qui paraîtra à la fin septembre.

 

Voici en images la soirée du vendredi.

 

La fête s’est continuée de belle façon le samedi, dans un marathon musical qui a commencé en mi-journée. Vous êtes prêts pour notre récapitulatif? Allons-y! C’est la gang de Our Darkest Days qui a lancé les hostilités, puis on est passé en mode punk rock celtique avec la troupe d’Irish Moutarde qui a délié les jambes des festivaliers. Pour poursuivre ce bel après-midi de septembre, les gars de Hitch&Go ont repris le flambeau avec conviction en livrant une prestation des plus énergiques. La foule s’est ensuite enthousiasmée à un niveau supérieur au son des Californiens de Voodoo Glow Skulls et de leur cocktail punk ska vigoureux. On a eu droit à une très belle découverte par la suite avec le groupe Pogo Car Crash Control, finaliste français des auditions Planetrox, qui a livré une prestation marquée par une énergie à la fois furieuse et irrésistible qui pouvait parfois rappeler les belles années de Nirvana par sa livraison. Alors que la noirceur tombait, le programme pour cette ultime soirée lui faisait grimper encore la fête et l’énergie! On a ainsi eu droit au ska efficace et dansant des inimitables Planet Smashers, au punk rock toujours aussi irrévérencieux de Guttermouth (et à la prestation quelque peu intoxiquée du chanteur Mark Adkins!), au rock celtique puissant et enlevant du groupe québécois Bodh’aktan et, en pièce de résistance, au ska punk riche et très musical de Streetlight Manifesto. Le troupe menée par Tomas Kalnoky célébrait le 10e anniversaire de la parution de l’album Somewhere in the Between et a livré la presque totalité des titres de ce disque, plus quelques extraits de ses deux autres albums. Le mélange des cuivres très rythmés qui s’additionnent à des pièces rapides chargées en énergie avait tout pour charmer les festivaliers qui scandaient les paroles avec conviction. Une excellente prestation qui a conclu en beauté cette 22e édition.

 

Découvrez toutes nos images du samedi.

 

Bravo à l’organisation d’Envol et Macadam qui offre une vitrine d’exception à la scène alternative depuis tant d’années et qui a su trouver la recette parfaite pour nous offrir un événement d’envergure qui n’a jamais perdu son esprit de jeunesse et son authenticité!

 

À l’an prochain!

 

À propos Valérie Morin

Passionnée de musique, d’arts, de mode et de mots...